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Texte - Essai

Paru dans la revue Zone occupée, n°30 

2025

Extrait : 

Un champ investi en œuvre engage une vision du monde sensible et politique. L’agriculture est généralement réduite à sa fonction productive : nourrir, approvisionner, répondre à une logique de rendement. Or, ton sol récolte nos intempéries propose un rapport autre : le champ n’est pas qu’une surface utilitaire, il devient un lieu d’expérience partagée, où le geste agricole s’accompagne du geste esthétique. Le productivisme cède la place à l’attention du vivant, à l’observation fine.

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Texte - Essai

Paru dans la revue Vie des arts, n°279 

2025

Extrait : 

Certaines fêtes agricoles au Québec — qu’il s’agisse de foires, d’expos agricoles, de fêtes des semences ou de messes des récoltes — ont existé ou se vivent encore, mais elles prennent rarement la forme intime ou symbolique d’un « anniversaire ». Les projets Pièces montées et De la terre à la table proposent des célébrations, des festins éphémères, sensoriels, collectifs. En soulignant la matérialité de ce qui est cultivé, transformé, les Carrier-Bouchard nous invitent à penser la nourriture comme une archive vivante. Et si marquer le temps devait passer par un repas ? Par la reconnaissance — non seulement pour ce qui pousse, mais pour ce qui relie : le paysage, les mains, les corps, la ressource autour d’une même table.

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Texte - Récit

Paru dans la revue Saturne

2023

Extrait : 

Ensemble, cueillir des trouvailles de fond de fleuve à partager. Élaguer les arbustes en écoutant les battements d’ailes des oies qui zèbrent le ciel. S’amuser à compter la quantité de nids fixés aux arbres, défiant le nordet. Marcher les battures pour rejoindre un îlet lointain, pour toi, marcher, marcher dans le crépuscule jusqu’à la noirceur. Chercher des champignons sous un orage. S’exclamer à la vue des perdrix en randonnée derrière la maison. Récolter des pissenlits et en faire un miel. Poser une dizaine de maisons d’oiseaux dans un arbre à moitié en vie pour l’égayer. En hiver, faire de la raquette en rond sur le terrain juste pour l’observer de plus près. En été, faire une tonte sélective, un grand sentier autour de la maison. Parler des oiseaux comme s’ils étaient nos amis proches.

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Texte - Article : visite d'exposition

Paru dans Vie des Arts

2023

Extrait : 

Elle s’y intéresse comme on s’intéresse à un être cher, élaborant des scénarios et des dialogues. Cette relation fictive devient si intime qu’elle s’immisce dans le réel avec aisance, ce lien se solidifie et devient quasi palpable. Comme pour nous rappeler que même ce que l’on ne voit pas existe – ce qui habite les profondeurs du Saint-Laurent existe –, l’œuvre nous incite à considérer que les actes accomplis à la surface de l’eau ont des répercussions sur l’écosystème marin.

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Pont de glace

Texte - Poème

Paru dans L'écrit primal no 60

2022

Extrait 

j'étais la fille des enfants / une partie du pont entre deux époques / mes parents / coincée sur une rivière fiévreuse / de pleurs, de couches et de lait / jour après jour / ma mère répétait / le même horaire / une routine solide / comme la glace du fleuve / entre le village et l'île

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Texte - Prose poétique

Paru dans la revue Le Crachoir de Flaubert

2021

Un coléoptère poilu caracole au-dessus des dégâts fleuris. S’il se débattait suffisamment, il pourrait sortir du tableau. Il irait sûrement au salon pour y trouver du confort ou pour regarder la télévision. Peut-être même se rendrait-il dans la salle de bain pour y renifler les odeurs variées et pour s’emmitoufler dans les cheveux abandonnés. Mais son intérêt pour l’abstraction le garde captif entre le ciel marron et les nuages verts. 

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La forêt creuse l'intérieur

Texte - Poème

Diffusion permanente dans le sous-bois poétique du Moulin la Lorraine

2020

Texte : 

à l’envers des écorces / j’arrive à couver le temps / à désirer les ailes et les couleuvres // je vois la chair du bois, le silence d’une lumière qui épuise la sécheresse // sauvage / la fatigue des cendres et des vents / est une ride sous les plumes de l’aiguille // moi, je berce des mémoires / des ondes de cernes d’années entaillées // un fil de fumée s’émiette / vers le demain de l’hiver / il me faut quitter le tilleul / repère des corps reposés // à l’envers du souffle / j’espionne mon enfance en dentelle / agrippée au nid / comme à une chanson de cris végétaux

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